Vol d’électricité au Cameroun : la technologie sert autant les voleurs que les régulateurs ⚡🇨🇲

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Au Cameroun, la fraude à l’électricité ne repose plus uniquement sur de simples branchements clandestins. En présentant les pertes liées à ce phénomène, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a mis en lumière des pratiques qui mobilisent parfois un véritable savoir-faire technique. Face à ces détournements, la technologie devient également un outil de contrôle pour les autorités et les opérateurs du secteur.

Un détournement technique bien rodé 🔧

Deux méthodes reviennent le plus souvent. La première consiste à contourner le compteur en établissant une connexion directe au réseau électrique. Cette pratique prive notamment le dispositif de comptage et les mécanismes de protection de leur fonction normale. Gerrard raconte : « Toute notre zone avait été sanctionnée pour non-paiement. À l’arrivée des nouveaux locataires, il fallait une solution. Nous avons cotisé pour un fil connecté en direct. Avec le stock, quand il est coupé, je remplace. »

La seconde méthode cible directement le compteur. Son fonctionnement est altéré afin que l’appareil n’enregistre plus la consommation réelle. La fraude devient alors plus difficile à détecter lors d’un simple relevé.

« J’ai l’habitude de le faire, j’ai ce dispositif chez moi depuis trois ans. Je ne saurais entrer dans les détails pour protéger le business. » témoigne Bil.

Ces pratiques montrent que le compteur constitue désormais un véritable point stratégique dans la gestion numérique du réseau : lorsqu’il est contourné ou manipulé, les données censées permettre de mesurer la consommation deviennent inexploitables.

Des risques électriques qui peuvent être mortels ⚠️

Au-delà du manque à gagner, les branchements frauduleux exposent directement les installations et les usagers. Selon le ministère, ces pratiques coûtent au pays près de 60 milliards de FCFA par an, des ressources qui auraient pu contribuer au développement de nouvelles infrastructures électriques.

L’absence de dispositifs de protection fonctionnels peut également accroître les risques liés aux surtensions et aux incidents électriques. Selon un administrateur civil s’exprimant sous couvert d’anonymat, les autorités recenseraient une quarantaine de décès par an liés aux branchements frauduleux. Benjamin se souvient :

« Nous étions chez le voisin quand l’ampoule a explosé. Avant que j’arrive chez moi, tout était grillé », regrette-t-il.

La technologie au service de la riposte 🛰

Pour réduire ces pertes, l’État mise sur le renforcement des brigades d’inspection et sur le déploiement de compteurs prépayés conçus pour mieux sécuriser le système de comptage. Ces équipements peuvent également faciliter la détection d’anomalies et, selon les dispositifs déployés, permettre une remontée d’informations vers les équipes techniques. L’objectif est de passer progressivement d’un contrôle essentiellement physique à une surveillance davantage appuyée par les données et les outils numériques.

La lutte contre le vol d’électricité devient ainsi une bataille technologique : plus les réseaux se numérisent, plus la capacité à mesurer, détecter et analyser les anomalies devient essentielle pour protéger les infrastructures et les consommateurs.

Selon vous, la technologie peut-elle réellement permettre de réduire durablement le vol d’électricité au Cameroun ? Dites-le-nous en commentaire.


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