Octobre Rose : le rose envahit les écrans camerounais, mais mène-t-il au dépistage ? 🎀🇨🇲

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En octobre, le rose envahit aussi les écrans. Sur WhatsApp, Facebook, Instagram ou TikTok, les publications consacrées au cancer du sein se multiplient. Photos de profil, affiches numériques, vidéos de sensibilisation, témoignages de survivantes, messages sur le dépistage et invitations à participer à des campagnes circulent d’un téléphone à l’autre.

Octobre Rose au Cameroun ne se limite donc plus aux hôpitaux, aux entreprises, aux associations ou aux marches. Il s’installe également dans les fils d’actualité. Mais derrière cette forte présence numérique, une question demeure. Les Camerounais se contentent-ils de partager le rose, ou cette mobilisation les pousse-t-elle réellement à s’informer, à parler de la maladie et à se faire dépister ?

Du rose sur WhatsApp 🎀

Il suffit parfois d’ouvrir WhatsApp pour voir apparaître une affiche rose, une vidéo de sensibilisation ou une invitation à une campagne de dépistage. Le message peut venir d’une association, d’une entreprise, d’un proche ou d’un professionnel de santé. Certains utilisateurs changent leur photo de profil, d’autres repartagent une publication ou accompagnent leur statut d’un simple « Faites-vous dépister ». Cette circulation rapide de l’information donne à Octobre Rose une nouvelle visibilité.

« Quand je vois un message sur le cancer du sein, je le partage surtout pour que les femmes de ma famille puissent aussi le voir. Tout le monde ne va pas forcément chercher cette information de lui-même », témoigne Landry Mindeng.

Des organisations camerounaises utilisent également les réseaux sociaux comme relais de sensibilisation. ACEP Cameroun, par exemple, a annoncé pour octobre 2026 une série de messages de sensibilisation sur ses pages Facebook et LinkedIn. Le partage devient alors une forme de participation.

Le partage devient un geste de sensibilisation 📲

Sur les réseaux sociaux, tout le monde n’est pas médecin, militant ou membre d’une association. Pourtant, chacun peut devenir un relais. Quelqu’un peut envoyer une affiche à sa mère, partager une vidéo dans un groupe familial ou publier une information dans le groupe du bureau. Une amie peut rappeler à ses proches l’existence d’une campagne de dépistage ou simplement repartager un visuel découvert sur un autre réseau social.

« Je ne connais pas grand-chose à la maladie, mais si une publication donne une information utile, je peux au moins la partager. Si cela peut sauver des vies ou pousser des femmes à consulter, ce sera vraiment l’idéal », explique Rosine Bellac, jeune utilisatrice.

Le numérique permet ainsi au message de circuler au-delà des personnes directement engagées dans la lutte contre le cancer. Cette mobilisation repose aussi sur des gestes qui peuvent paraître simples, mais qui contribuent à maintenir le sujet dans les conversations.

« J’ai appris qu’il y avait une campagne sur Facebook » 👩🏾

Pour certaines personnes, les réseaux sociaux ne servent pas seulement à rappeler l’existence d’Octobre Rose. Ils permettent aussi de découvrir concrètement où et quand se déroulent certaines activités. C’est un aspect important alors que des campagnes de dépistage sont organisées dans différentes villes du Cameroun à cette période.

« Si tu ne suis pas certaines pages, tu peux même ne pas savoir qu’une activité existe près de chez toi. Les réseaux sociaux sont faits pour relayer plus rapidement que les médias classiques », remarque Manfred Ondoa.

En 2025, par exemple, une campagne soutenue par Yango et la Welisane Foundation avait proposé des dépistages gratuits à Douala et Yaoundé, avec une communication autour de la Marche Rose et du Brunch Rose. Cette année, d’autres initiatives poursuivent cette logique. Le Centre Pasteur du Cameroun  communique notamment en ligne sur des offres liées au dépistage des cancers gynécologiques. Le téléphone devient alors une porte d’entrée vers le terrain.

Changer la manière de parler de la maladie 💗

Parmi les contenus qui circulent pendant Octobre Rose, les témoignages occupent une place particulière. Une femme raconte son parcours, une survivante parle de son traitement ou une famille évoque son expérience. Ces récits peuvent rendre la maladie plus concrète qu’une simple affiche de sensibilisation.

« Quand une femme raconte ce qu’elle a vécu, je trouve que le message passe différemment. Tu comprends que ce n’est pas quelque chose qui arrive seulement aux autres et que ça peut également t’arriver », confie Manuella Foueng, utilisatrice.

Le cancer cesse alors d’être uniquement un sujet médical. Il devient une histoire vécue, racontée par quelqu’un. Cette dimension humaine peut contribuer à briser certains silences autour de la maladie.

Agit-on autant que l’on partage ? 🗣️

C’est toutefois là que les avis commencent à diverger. Pour certains Camerounais, la multiplication des publications est une bonne chose parce qu’elle rend le sujet visible. Pour d’autres, les réseaux sociaux peuvent donner l’impression d’une mobilisation plus forte qu’elle ne l’est réellement. Changer sa photo de profil pendant quelques jours ne signifie pas nécessairement prendre rendez-vous pour un dépistage.

« On voit beaucoup de rose en octobre, mais après le mois d’octobre, est-ce que les gens continuent à parler du cancer ? », s’interroge Franck Lama, utilisateur.

La question touche à une limite du militantisme numérique. La visibilité est immédiate, mais le changement de comportement reste beaucoup plus difficile à mesurer.

Des publications qui peuvent parfois noyer le message 📢

À force de voir des affiches, des hashtags et des messages similaires, certains internautes finissent aussi par faire moins attention. Une publication peut être regardée quelques secondes avant de laisser place à une autre vidéo.

« Au début du mois, je regarde presque tout. Après quelques jours, quand je vois encore les mêmes affiches, je passe rapidement. Ce n’est pas parce que ça ne concerne pas les hommes, mais c’est fatigant à la limite », reconnaît un utilisateur.

Pour les associations et les professionnels, le défi consiste donc non seulement à être visibles, mais aussi à produire des contenus qui donnent envie de s’arrêter, de comprendre et éventuellement d’agir. Une vidéo courte, un témoignage personnel ou une information pratique pourrait ainsi avoir plus d’impact qu’une simple affiche.

Les Camerounais veulent-ils seulement voir du rose ? 📱

Pour certains, Octobre Rose est devenu un rendez-vous numérique attendu. Chacun sait qu’en octobre, les publications vont se multiplier et que les profils vont se colorer de rose. Entreprises, ministères et autres structures s’y mettent également. Pour d’autres, cette répétition reste utile parce qu’elle remet chaque année le sujet dans les conversations.

« Même si on entend le même message plusieurs fois, il peut toucher quelqu’un qui ne l’avait jamais entendu auparavant », estime Madeile Abeng, spécialiste des réseaux sociaux.

La mobilisation numérique fonctionne donc aussi par répétition. Une publication que l’un ignore peut être celle qui attire l’attention d’un autre.

Le vrai défi reste le passage à l’action 🇨🇲

Au Cameroun, les réseaux sociaux sont désormais un espace important de sensibilisation autour d’Octobre Rose. Acteurs de santé, associations, entreprises et particuliers y diffusent des informations, des témoignages et des appels à la mobilisation. Mais les Camerounais semblent eux-mêmes poser une condition à cette mobilisation : que le rose ne reste pas uniquement sur les écrans.

Car derrière chaque partage, il peut y avoir une conversation. Derrière une conversation, une prise de conscience. Et derrière cette prise de conscience, une consultation lorsque cela est nécessaire. L’objectif n’est donc peut-être plus seulement de savoir si Octobre Rose est visible sur Internet, mais de comprendre ce que les Camerounais font après avoir posé leur téléphone.

À vos avis ! 💬
Les publications d’Octobre Rose sur WhatsApp, Facebook, Instagram ou TikTok vous poussent-elles réellement à vous informer et à parler du dépistage, ou avez-vous parfois l’impression que la mobilisation reste surtout virtuelle ?


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