Click here to read in English
Le Nigeria franchit une nouvelle étape dans l’usage des technologies numériques en santé. Redeemer’s Health Village (RHV), RoboMed Global et Nisa Premier Hospital ont réalisé, le samedi 19 septembre, ce qu’ils présentent comme la première chirurgie télérobotique d’Afrique de l’Ouest. L’intervention a permis de retirer une tumeur cancéreuse et le rein atteint d’un patient à Abuja.
Un robot piloté à 500 kilomètres du patient 🏥
L’opération s’est déroulée à distance entre deux localités nigérianes. Le patient se trouvait au Nisa Premier Hospital, à Abuja, tandis que le chirurgien contrôlait le système robotique depuis le Redeemer’s Health Village, à Mowe, dans l’État d’Ogun, près de Lagos. Environ 500 kilomètres séparent les deux sites.
Cette technologie permet ainsi de mobiliser une expertise chirurgicale sans déplacer le patient. Elle illustre la possibilité d’intervenir à distance, même lorsque plusieurs centaines de kilomètres séparent les équipes. L’intervention a duré environ trois heures, avec de courtes pauses destinées à vérifier les équipements et les systèmes de communication.
La téléchirurgie rapproche les spécialistes des patients 🩺
Pour Ibrahim Wada, directeur général et fondateur de Nisa Premier Hospital, l’opération illustre les possibilités offertes par la collaboration entre les institutions nigérianes. Le professeur Obi Ekwenna-Davis, qui a dirigé l’intervention, est revenu à son tour sur cette avancée. Spécialiste en urologie et transplantation, il est cofondateur de RoboMed Global, une entreprise américaine spécialisée dans la chirurgie robotique. Selon lui, l’intervention montre qu’une chirurgie à distance peut être réalisée de manière sûre entre plusieurs sites.
Cette avancée intervient alors que plusieurs systèmes de santé africains explorent les technologies numériques. L’objectif est notamment de pallier le manque de spécialistes et de limiter les déplacements de patients vers l’étranger, ce que l’on appelle le « tourisme médical ».
Au Cap, le Groote Schuur Hospital serait ainsi devenu le premier hôpital public africain à proposer une chirurgie assistée par robot avec le système Da Vinci. Cependant, le coût élevé de ces interventions en limiterait encore l’accès : elles resteraient concentrées dans certains établissements privés du continent. Avec l’opération réalisée au Nigeria, le chirurgien peut désormais opérer depuis un autre site que celui où se trouve le patient.
Former de nouveaux spécialistes 👨🏾⚕️🤖
Après cette première opération, le prochain défi sera celui du passage à l’échelle. RHV prévoit donc de créer une académie de chirurgie robotique avec RoboMed Global. Selon le professeur Ekwenna-Davis, l’objectif est de former au moins 150 chirurgiens en deux ans, ainsi que des infirmiers et des ingénieurs biomédicaux.
Cette formation doit permettre de renforcer les compétences nécessaires au fonctionnement de ces technologies. Par ailleurs, la téléchirurgie dépend de plusieurs conditions techniques : la qualité de la connexion reste essentielle, tout comme la fiabilité des équipements et la disponibilité de spécialistes formés.
La direction de RHV insiste ainsi sur la nécessité de disposer de réseaux fiables, capables de supporter d’éventuelles perturbations pendant les interventions. Elle appelle également à un soutien public pour la formation.
L’infrastructure et la réglementation au cœur du prochain défi 🌐
Pour le Nigeria, cette opération pourrait faire évoluer la chirurgie robotique, qui ne se limiterait plus à une démonstration technologique. Elle pourrait aussi permettre de connecter des spécialistes à des patients situés dans différentes régions du pays.
Cependant, plusieurs conditions devront être réunies pour développer cette pratique. Les infrastructures devront être adaptées et les garanties réglementaires renforcées. Le financement et la formation des spécialistes seront aussi déterminant. Ces éléments conditionneront la possibilité d’assurer des interventions à distance de manière régulière.
La chirurgie télérobotique ouvre ainsi une nouvelle perspective pour la santé numérique au Nigeria. Elle permet de séparer géographiquement le chirurgien et le patient, mais repose sur trois piliers : la robotique, la connectivité et des compétences spécialisées.
Selon vous, la téléchirurgie pourrait-elle contribuer à rapprocher les spécialistes des patients dans les régions éloignées, au Nigeria comme au Cameroun ? Partagez votre avis en commentaire.
📱 Retrouvez notre actu chaque jour sur WhatsApp, directement dans l’onglet “Actus” en vous abonnant à notre chaîne en cliquant ici ➡️ Lien chaîne WhatsApp TechGriot 😉
