Judith Yah Sunday, Directrice générale de CAMTEL
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Cameroun : pourquoi CAMTEL devient le pilier de la donnée publique 🇨🇲⚙️

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Derrière l’ambition camerounaise de connecter administrations et services numériques se cache un défi technique de taille : bâtir une infrastructure capable de faire circuler la donnée en toute sécurité. Un chantier confié à l’opérateur national CAMTEL, dont dépend l’essentiel de l’épine dorsale numérique du pays.

Le problème technique de la fragmentation 🔌

À l’ouverture du Forum sur la Gouvernance de l’Internet, le 18 août 2026, la ministre des Postes et Télécommunications Minette Libom Li Likeng a posé le diagnostic : les infrastructures, plateformes et services publics numériques camerounais fonctionnent aujourd’hui trop souvent en silos. Chaque administration développe ses propres systèmes, sans standards communs ni capacité d’échange sécurisé. Résultat, la donnée circule mal entre les institutions, ce qui freine l’accès des citoyens et des entreprises aux services numériques. C’est précisément ce constat de fragmentation technique qui a conduit la ministre à s’adresser directement à Judith Yah Sunday, Directrice générale de CAMTEL, pour porter la construction d’un environnement interopérable.

CAMTEL, le socle infrastructurel incontournable 🛰️

Ce choix n’a rien d’anodin sur le plan technologique. L’interopérabilité nationale exige une connectivité fiable et sécurisée, deux prérogatives qui reposent largement sur l’exploitation par CAMTEL de la dorsale nationale en fibre optique, des infrastructures de transmission, des capacités internationales de bande passante, ainsi que des réseaux d’accès et des centres d’hébergement de données. Sans cette base technique, aucune passerelle entre systèmes administratifs ne peut fonctionner durablement à l’échelle du pays.

Des chantiers d’interopérabilité déjà en cours 💳

Dans la finance technologique, le QR Code de paiement interopérable, lancé par l’UMAC et la BEAC, unifie déjà l’écosystème monétique de la zone CEMAC. Le ministère des Finances, de son côté, travaille à l’interconnexion technique de ses systèmes d’information budgétaires et douaniers pour fluidifier le trésor public. Le Guichet unique Maritime poursuit sa digitalisation pour relier les administrations portuaires, malgré des obstacles techniques et juridiques. Le projet I-CEMAC, porté avec INTERPOL, vise quant à lui à interconnecter les systèmes nationaux de sécurité frontalière, avec un accès élargi au système I-24/7, notamment à Garoua-Boulaï.

Un mandat qui engage la souveraineté numérique 🔐

« Il nous faut construire un environnement dans lequel les infrastructures, les plateformes et les services puissent interagir de manière sécurisée, dans le respect des règles applicables, de la protection des données et des exigences de souveraineté », a recommandé la ministre Likeng. Ce mandat place CAMTEL au centre d’un équilibre technique délicat : garantir l’interconnexion des systèmes tout en assurant la protection et la souveraineté des données publiques camerounaises.

D’après vous, CAMTEL dispose-t-elle réellement des capacités techniques et financières pour porter seule un chantier d’interopérabilité aussi vaste, ou faudra-t-il des partenariats technologiques complémentaires pour y parvenir ? Dites-le-nous en commentaire.


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