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Le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) du Bénin a retenu, à l’issue d’un appel d’offres public, une plateforme de diagnostic assistée par intelligence artificielle : miLab MAL, conçue par l’entreprise sud-coréenne Noul. L’outil devient officiellement l’un des instruments de diagnostic du programme national, aux côtés des méthodes existantes.
Ce que fait concrètement la machine ⚙️
miLab MAL numérise et interprète des frottis sanguins sans intervention humaine directe pour la lecture. Le processus enchaîne préparation de l’échantillon, capture d’images numériques et analyse algorithmique, avec une capacité annoncée par le fabricant d’examiner jusqu’à 300 000 globules rouges par test à la recherche de parasites ou d’hémorragies liées au paludisme. Cette approche se distingue de la lecture au microscope, où le résultat dépend directement du niveau d’expérience du technicien, et des tests rapides classiques, moins fiables face aux infections à faible charge parasitaire.
Les chiffres de l’évaluation clinique béninoise 📊
Avant l’intégration au programme national, le dispositif a été testé en 2025 sur 211 enfants suspectés de paludisme grave, dans des hôpitaux universitaires du nord et du sud du pays, sous supervision gouvernementale. Noul rapporte, pour cette étude, une sensibilité de 98,82 % et une spécificité de 100 % comparées à la microscopie manuelle de référence, ainsi qu’un temps d’analyse ramené à 20 minutes contre 75 minutes en moyenne pour la méthode manuelle. Sur la base de ces résultats, le PNLP a classé l’appareil comme dispositif de diagnostic au point de soins et recommandé son intégration dans les stratégies africaines de lutte contre le paludisme.
Une montée en puissance encadrée 📡
Le contrat prévoit la livraison d’un premier lot de vingt unités aux centres hospitaliers en charge des cas graves, avant une extension progressive vers d’autres structures publiques. Le Bénin, où l’ensemble de la population vit en zone d’endémie palustre, aurait enregistré environ 5,1 millions de cas et près de 9 900 décès en 2024, selon des estimations de l’OMS citées dans le dossier. Noul, dont la technologie équipe déjà des institutions dans une trentaine de pays, présente ce contrat comme un point d’appui pour développer son activité sur le marché africain de la santé publique, selon les déclarations de son PDG Lim Chan-yang.
Ce contrat illustre une tendance plus large : l’automatisation du diagnostic comme réponse possible au manque chronique de personnel médical qualifié dans plusieurs systèmes de santé africains. Reste à observer si cette technologie, pour l’instant réservée aux structures de référence, parviendra à s’étendre jusqu’aux centres de santé les plus isolés, là où le besoin est souvent le plus criant.
D’après vous, l’intelligence artificielle peut-elle pallier durablement le manque de techniciens qualifiés dans les systèmes de santé africains ? Dites-le-nous en commentaire.
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