
Fraude mobile au Cameroun : le Minfi hausse le ton face à MTN et Orange 📱🇨🇲
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Le gouvernement camerounais accélère la mise en œuvre de son dispositif de contrôle des terminaux mobiles. Dans une correspondance adressée aux directeurs généraux de MTN Cameroun et d’Orange Cameroun, le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motazé, déplore l’application encore insuffisante des résolutions issues de la concertation tenue le 22 mai 2026 avec la Direction générale des Douanes.
Au cœur du dossier figure la phase pilote du mécanisme d’interdiction d’accès au réseau national pour les téléphones importés frauduleusement. Lancé le 1er avril 2026, ce dispositif vise à renforcer la collecte des droits et taxes de douane, tout en améliorant la traçabilité des équipements connectés circulant sur le territoire.
Le contrôle des IMEI au centre de la stratégie numérique 📡
Face à la progression du marché parallèle des smartphones et autres terminaux mobiles, les autorités entendent s’appuyer sur l’identifiant IMEI — véritable carte d’identité numérique des téléphones — afin d’identifier les appareils régulièrement dédouanés.
Dans sa lettre, le Minfi demande aux deux principaux opérateurs de télécommunications de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une application urgente et intégrale du mécanisme. L’objectif est double : préserver les recettes fiscales de l’État et renforcer la sécurité numérique nationale.
Le ministère rappelle également que le blocage systématique des IMEI non enregistrés dans la plateforme nationale de suivi demeure conditionné à la mise à niveau technique des différents acteurs impliqués dans le projet. La correspondance souligne par ailleurs que toute connexion au réseau national d’un terminal non dédouané pourrait engager la responsabilité fiscale de l’opérateur concerné.
Le document, daté du 1er juin 2026, a également été transmis au ministère des Postes et Télécommunications, à la société nationale des télécommunications CAMTEL ainsi qu’à l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART).
Un projet confronté à des obstacles techniques et juridiques ⚖️
Pour rappel, la Direction générale des Douanes envisageait la déconnexion de près de 700 000 terminaux mobiles non enregistrés sur la plateforme nationale. Cette opération devait entrer en vigueur le 25 mai dernier.
Cependant, l’ART a décidé de suspendre temporairement le processus. De son côté, CAMTEL avait fait savoir que son système d’information ne disposait pas encore des capacités techniques nécessaires pour assurer cette mission à grande échelle.
Les opérateurs MTN et Orange avaient également exprimé des réserves quant à l’application immédiate de la mesure, évoquant notamment l’existence d’un vide juridique quant à la répartition des responsabilités entre les différents acteurs du secteur.
Les nouvelles taxes appliquées aux terminaux mobiles 💰
Le nouveau mécanisme prévoit une taxation fondée sur la valeur administrative attribuée aux téléphones, et non sur leur prix d’achat réel.
Les montants annoncés sont les suivants :
- Catégorie 1 : valeur de référence de 5 000 FCFA – taxe de 1 670 FCFA ;
- Catégorie 2 : valeur de référence de 10 000 FCFA – taxe de 3 350 FCFA
- Catégorie 3 : valeur de référence de 20 000 FCFA – taxe de 6 670 FCFA ;
- Catégorie 4 : valeur de référence de 25 000 FCFA – taxe de 8 340 FCFA ;
- Catégorie 5 : valeur de référence de 50 000 FCFA – taxe de 16 670 FCFA ;
- Catégorie 6 : valeur de référence de 100 000 FCFA – taxe de 33 330 FCFA;
- Catégorie 7 : valeur de référence de 200 000 FCFA – taxe de 66 660 FCFA;
- Catégorie 8 : valeur de référence de 400 000 FCFA – taxe de 135 000 FCFA.
Au-delà de l’enjeu fiscal, cette réforme marque une nouvelle étape dans la gouvernance numérique du Cameroun. Elle illustre la volonté des pouvoirs publics d’utiliser les infrastructures télécoms et les technologies d’identification des appareils pour mieux contrôler les flux d’équipements connectés, lutter contre la contrebande et sécuriser l’écosystème numérique national.
Le blocage des téléphones non dédouanés est-il une mesure nécessaire pour lutter contre la fraude et renforcer la sécurité numérique, ou une contrainte supplémentaire pour les consommateurs ? Dites-le-nous en commentaire.
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