Musique camerounaise : Babal, talent atypique ou artiste assisté par l’IA ? 🎤 🇨🇲
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C’est une question qui agite les mélomanes camerounais sur les réseaux sociaux depuis plusieurs semaines. Un nouveau prodige du rap affole les algorithmes et divise autant qu’il fascine. Invité par la chanteuse Mimie à son concert du 25 juillet, le phénomène Babal se serait imposé face au public. Son style musical, souvent comparé à celui de Stromae, séduit une large audience. Mais une controverse persiste : celle de l’authenticité de ses sons, à l’heure où l’intelligence artificielle générative s’invite de plus en plus dans les studios.
Un Babal tout neuf sur les plateformes numériques 💻
« CTRL+Z.ppt » en est l’illustration la plus parlante : cette combinaison de touches qui permet d’annuler la dernière action devient chez lui une métaphore de l’existence, où aucun retour en arrière n’est possible. Son second titre évoque l’absence de « seconde chance comme dans DBZ », clin d’œil direct à Dragon Ball Z. Un troisième titre, chanté dans une langue vernaculaire camerounaise, traduit la quête identitaire de l’artiste. D’anciens sons comme « Enfant triste », « Bandjoun » ou « La FAC » rappellent que Babal ne débarque pas de nulle part.
Comment l’IA s’invite (vraiment) dans la création musicale 🤖
La suspicion autour de Babal n’est pas isolée : elle s’inscrit dans une révolution technologique bien réelle du secteur musical. Des outils comme Suno permettent désormais de transformer un simple texte en chanson complète, mélodie, voix et instrumentation compris, générée en moins d’une minute. La plateforme revendique plus de 100 millions d’utilisateurs depuis février 2026 et, en juin 2026, une valorisation dépassant les 5 milliards de dollars lors d’un nouveau tour de financement.
Concrètement, l’IA peut intervenir à plusieurs niveaux : le brainstorming et l’écriture de paroles, la correction de textes existants, la génération de voix chantées, ou la production d’un morceau entièrement fini. Depuis juillet 2026, Suno propose même un éditeur de paroles capable d’appliquer des modifications en langage naturel, comme rendre une ligne plus percutante sur simple instruction.
C’est précisément cette sophistication technique qui brouille les pistes : un rendu jugé « trop parfait » peut aussi bien trahir un travail studio rigoureux qu’un passage par ce type d’outil. « Les plus malins utilisent Suno, en générant l’entièreté du son par cette IA ; puis il est recommandé à l’artiste de se l’approprier en studio », affirme Roland, acteur actif de l’univers musical.
Un cumul de vues qui interroge 📈
En juillet dernier, Babal aurait franchi la barre des 100 000 vues sur YouTube avec « CTRL+Z.ppt », en 29 heures selon les chiffres consultés par la rédaction. Trois de ses titres dépasseraient désormais ce seuil, dont TROBU, qui afficherait plus de 296 000 vues. Sur Apple Music Cameroun, son EP place cinq titres simultanément dans le Top 10 national, reléguant derrière lui des têtes d’affiche comme Fally Ipupa, Burna Boy, Asake ou Himra.
C’est justement cet écart qui alimente le doute : un artiste encore inconnu il y a quelques mois affiche des courbes de croissance que même des IA génératives, entraînées sur des milliards de données musicales, pourraient produire artificiellement, via le streaming automatisé ou la viralité algorithmique. « La musique évolue, et même si Babal se fait aider par l’intelligence artificielle, cela n’enlève en rien qu’il est un artiste talentueux. Babal est une fierté pour le Cameroun. L’on devrait l’encourager, car cela fait longtemps que nous n’avons plus vu un style atypique dans notre rap », affirme un fan.
Babal.png répond en studio 🎧
Nos confrères de Brut se sont récemment prêtés à un échange franc avec le jeune rappeur. Interrogé sur la paternité de ses textes, Babal affirme les écrire lui-même, entouré d’un ingénieur du son qu’il préfère garder anonyme et d’un collaborateur avec qui il travaille au quotidien. Le producteur Nasir Kelyan confirme d’ailleurs avoir travaillé avec lui bien avant la sortie de l’EP. Le projet B.A.B.A.L a été pensé pendant trois années, avec une trajectoire volontaire allant du rap vers la pop, en passant par le rock et l’amapiano.
D’après vous, un usage possible de l’intelligence artificielle dans la musique remet-il en cause le talent d’un artiste comme Babal ? Dites-le-nous en commentaire.
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