« Voix du Togo » : quand l’IA se met à parler les langues du pays 🇹🇬🤖

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Au Togo, l’intelligence artificielle pourrait bientôt faciliter les échanges entre les citoyens et l’administration dans les langues nationales. À travers le programme pilote « Voix du Togo », le ministère de l’Efficacité du service public et de la Transformation numérique, avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), entend développer des modèles d’IA capables de traiter le kabyè, l’éwé et le moba.

L’initiative part du constat selon lequel pour une partie de la population, les démarches administratives restent difficiles lorsque les informations et les services sont proposés dans une langue peu maîtrisée. Ainsi, le projet ambitionne de réduire cette barrière linguistique en s’appuyant sur des technologies capables de mieux comprendre les langues parlées au quotidien.

Trois langues nationales ciblées en priorité 💻

Dans sa phase initiale, « Voix du Togo » prévoit d’entraîner des modèles d’intelligence artificielle sur trois langues nationales, à savoir le kabyè, l’éwé et le moba. Toutefois, les ambitions du programme vont au-delà de cette première étape car à terme, les autorités souhaitent intégrer une cinquantaine de langues nationales au sein d’une plateforme unique, accessible à l’ensemble des usagers.

Grâce à cette approche, les citoyens pourraient progressivement accéder aux informations administratives dans une langue qu’ils comprennent mieux. Par exemple, un agriculteur vivant dans la région de la Kara pourrait, à terme, interagir avec un service public en kabyè et recevoir une réponse dans cette même langue. Ce scénario reste néanmoins un objectif du programme, et non un service déjà opérationnel.

Le développement de tels outils vise ainsi à rendre les services publics plus accessibles aux populations dont la langue maternelle diffère de celle utilisée dans les échanges administratifs.

Les citoyens mobilisés pour entraîner les modèles d’IA 🎙️

Pour apprendre à reconnaître et à traiter les langues nationales, les modèles d’intelligence artificielle ont besoin de données linguistiques fiables. C’est pourquoi le programme a prévu de mobiliser directement les locuteurs à travers une plateforme dédiée à la collecte d’enregistrements vocaux et de textes.

Concrètement, les participants doivent s’inscrire à l’aide de leur numéro de téléphone, puis indiquer les langues qu’ils maîtrisent à l’oral et à l’écrit. Ils effectuent ensuite différentes tâches, notamment lire des textes à voix haute, retranscrire des enregistrements, traduire des phrases ou vérifier les contributions d’autres utilisateurs.

En contrepartie, chaque contribution retenue est rémunérée. Ce mécanisme permet donc de faire des citoyens des acteurs de la constitution des données nécessaires à l’entraînement des modèles, tout en prévoyant une rétribution pour leur contribution.

La qualité des contenus collectés doit, par ailleurs, être contrôlée par des linguistes et par les communautés concernées. Cette vérification vise à limiter les erreurs et les approximations susceptibles d’affecter la compréhension des langues par les systèmes d’IA.

Inclure les zones moins connectées 🌍

La collecte de données linguistiques ne peut toutefois pas reposer uniquement sur les contributions en ligne. En effet, certains habitants ne disposent pas de smartphone ou n’ont pas accès à une connexion internet stable. Sans dispositif complémentaire, leurs langues et leurs usages risqueraient d’être moins représentés dans les données utilisées pour entraîner les modèles.

Pour contourner cette difficulté, des agents doivent se rendre directement dans les localités concernées afin de recueillir les contributions des habitants. Cette démarche vise à élargir la participation au-delà des personnes déjà familiarisées avec les outils numériques.

De cette manière, le programme entend mieux prendre en compte la diversité linguistique du pays, y compris dans les zones rurales. L’objectif est de constituer des données qui reflètent les pratiques réelles des locuteurs, plutôt que de privilégier uniquement les usages observés dans les grandes villes.

L’inclusion linguistique au cœur de la transformation numérique 🏛️

Au-delà du développement technologique, « Voix du Togo » poursuit un objectif d’inclusion. Le programme ambitionne de faciliter l’accès aux services publics, mais également aux soins de santé et à la justice, en permettant aux citoyens d’utiliser les langues qu’ils parlent quotidiennement.

Pour le PNUD, les applications potentielles de ces outils concernent également l’administration et le secteur entrepreneurial. En améliorant la prise en compte des langues nationales, l’intelligence artificielle pourrait ainsi contribuer à élargir l’accès aux services et aux informations numériques.

Toutefois, la portée de cette initiative dépendra notamment de la qualité des données collectées, de la prise en compte des particularités linguistiques et de la capacité à intégrer progressivement de nouvelles langues. Avec « Voix du Togo », le pays mise donc sur l’intelligence artificielle pour rapprocher les services numériques des réalités linguistiques de sa population.

Selon vous, l’intelligence artificielle peut-elle réellement faciliter l’accès aux services publics en Afrique en intégrant les langues nationales ? Partagez votre avis en commentaire.


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