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En Tunisie, une base de données pour ne plus jamais oublier les féminicides 🇹🇳

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En Tunisie, la lutte contre les féminicides a pris un virage technologique. L’association Aswat Nissa a lancé une plateforme numérique destinée à recenser et archiver l’ensemble des cas de féminicides enregistrés dans le pays depuis 2018. Un chiffre donne la mesure de l’urgence : 109 féminicides répertoriés par l’organisation depuis janvier 2018, avec une tendance qui ne faiblit pas. L’année 2025 a enregistré 30 cas, contre 26 en 2024, 25 en 2023 et 23 en 2022. Pour éviter que ces données sensibles ne se perdent ou ne restent dispersées, Aswat Nissa a choisi de les migrer vers un espace numérique sécurisé, dont le déploiement a eu lieu le 12 août dernier, à l’occasion de la présentation de son troisième rapport annuel sur les féminicides.

Le numérique comme outil de mémoire et de plaidoyer 📊

Cette plateforme n’est pas un simple répertoire statistique. Conçue comme une infrastructure numérique à part entière, elle vise à centraliser l’ensemble des informations relatives aux féminicides pour les rendre accessibles à trois publics stratégiques : les chercheurs, les médias et les organisations de la société civile. L’objectif technique rejoint un objectif politique, puisque cette base de données doit alimenter le plaidoyer en faveur de politiques publiques plus efficaces en matière de protection des femmes.

Le calendrier n’était pas anodin. Le lancement a eu lieu à Tunis, à la veille de la Journée nationale de la femme, célébrée chaque 13 août en Tunisie — une date qui marque l’anniversaire de la promulgation du Code du statut personnel en 1956. En choisissant cette symbolique, Aswat Nissa a inscrit sa démarche numérique dans la continuité d’un combat juridique et social entamé depuis près de sept décennies.

Au-delà de l’archivage, cet outil numérique se veut un levier de sensibilisation contre les violences faites aux femmes. Grâce à la conservation structurée de ces données, les secteurs public et privé pourront être davantage scrutés, la plateforme permettant de suivre en temps réel l’évolution du phénomène en Tunisie.

Une initiative déjà éprouvée au Kenya 🌍

La démarche tunisienne s’inscrit dans une dynamique continentale plus large. Au Kenya, une initiative similaire a déjà fait ses preuves : 1069 cas de meurtres de femmes ont été recensés entre 2016 et 2025 grâce au travail de l’Africa Data Hub, à l’origine du projet « Silencing Women ». Cette base de données agrège les cas de féminicides rapportés dans les médias et devant les tribunaux, démontrant qu’un outil numérique bien conçu peut combler les lacunes des statistiques officielles.

En Tunisie, cette dynamique de digitalisation de la protection des femmes reste portée par la société civile, à travers l’initiative d’Aswat Nissa. Elle s’inscrit dans une tendance plus large de collecte de données, de dénonciation et de suivi des violences faites aux femmes, où la technologie devient un outil important de la mémoire collective et de la justice.

D’après vous, les bases de données numériques comme celle d’Aswat Nissa peuvent-elles réellement peser sur les politiques publiques de protection des femmes en Afrique ? Dites-le-nous en commentaire.

Sources : Apanews, Kapitalis

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