Ouganda : le Wi-Fi revendu sans licence dans le viseur du régulateur, saisies à la clé 🇺🇬📶

Photo : Dreamlike Street - Unsplash
Click here to read in English

L’Ouganda s’apprête à sévir contre la revente illégale de connexions Wi-Fi. Dans un communiqué daté du 13 octobre 2026, l’Uganda Communications Commission (UCC), le régulateur des communications du pays, annonce une opération d’application de la loi à l’échelle nationale, qu’elle présente comme imminente. Elle vise, selon l’UCC, environ 4 000 fournisseurs non agréés qui revendent au public l’accès à des offres haut débit achetées auprès d’opérateurs. L’objectif affiché : protéger les recettes publiques et rétablir une concurrence saine entre les fournisseurs de connectivité.

L’UCC estime à environ 148 milliards de shillings ougandais (UGX) la perte annuelle de recettes fiscales. Elle affirme aussi que ces revendeurs facturent le gigaoctet autour de 1 000 UGX, contre 2 000 UGX, taxes comprises, chez les opérateurs agréés. Pour la commission, il ne s’agit pas d’un accès abordable, mais d’une infraction économique.

Des connexions non agréées qui exposent les utilisateurs🔐

Au-delà de l’enjeu fiscal, l’opération pose une question technique : qui contrôle les réseaux par lesquels Internet parvient aux usagers ? Selon l’UCC, ces revendeurs achètent de la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH) ou de l’accès sans fil fixe (FWA, y compris en 5G), une connexion par ondes radio qui remplace le câble, puis en revendent l’accès sans licence. Or la loi ougandaise de 2013 sur les communications interdit de fournir des services de télécommunications au public sans licence délivrée par la commission.

Selon l’UCC, les utilisateurs de ces services non agréés s’exposent à des risques pour la confidentialité de leurs données, à des perturbations de leur accès lors de l’opération, et à l’absence de recours en cas de problème.

La sécurité des données figure donc parmi les arguments avancés par le régulateur. Un réseau installé sans agrément échappe aux normes de qualité, de sécurité et de protection des consommateurs imposées aux opérateurs agréés. L’internaute ne sait pas toujours qui administre le point d’accès auquel il se connecte, ni ce que deviennent les informations qui y transitent.

L’UCC ajoute que ces points d’accès échappent à l’enregistrement des abonnés et aux dispositifs d’interception légale : en cas d’incident, il devient difficile d’en identifier l’origine. Pour le régulateur, la lutte contre la revente illégale s’inscrit dans une préoccupation plus large de cybersécurité.

L’UCC appelle les fournisseurs à se régulariser 🌐

L’UCC se dit ouverte aux opérateurs prêts à se conformer et à obtenir les autorisations nécessaires. Les acteurs qui proposent des connexions sans respecter les règles sont invités à cesser immédiatement leur activité ou à se régulariser. Les installations jugées illégales sont désormais dans le viseur des autorités, qui veulent offrir aux fournisseurs agréés un environnement concurrentiel plus équitable.

Le régulateur indique travailler avec l’autorité fiscale ougandaise (Uganda Revenue Authority) pour bloquer l’importation de matériel de télécommunications par des opérateurs sans licence. L’opération doit conduire à l’identification et au retrait des installations illégales, puis à la saisie des routeurs ; le matériel qui ne peut être régularisé serait détruit. L’UCC évoque aussi des routeurs fixés sans autorisation sur des poteaux électriques ou sur des infrastructures d’autres opérateurs, avec des risques pour la sécurité des installateurs.

Des discussions sont déjà engagées. Selon un compte rendu publié par l’UCC, son directeur exécutif a annoncé le 20 octobre la création d’un comité réunissant plusieurs parties prenantes pour étudier des modalités de licence adaptées aux revendeurs, ainsi qu’un recensement de ces derniers. L’association des commerçants de Kampala (KACITA) a demandé la suspension de l’échéance d’application. La commission a répondu qu’elle ne pouvait ni prolonger ni légitimer des activités illégales, tout en laissant une chance aux discussions.

La régulation au cœur de l’accès à Internet 🖥️

Le dossier met en lumière plusieurs préoccupations : la protection des recettes publiques, le respect de la concurrence, la traçabilité et la sécurité des données des internautes. La démarche associe une offre de mise en conformité et des mesures coercitives annoncées, dont les saisies et la destruction de matériel. Reste que son efficacité dépendra de la capacité à faire appliquer les règles sur l’ensemble du territoire et à sensibiliser les utilisateurs aux risques des connexions non autorisées.

D’après vous, faut-il renforcer les contrôles sur les revendeurs de Wi-Fi pour mieux protéger les données des internautes, même si ces réseaux offrent parfois un accès à Internet moins cher ? Dites-le-nous en commentaire.

Source : UCC.CO

📱 Retrouvez notre actu chaque jour sur WhatsApp, directement dans l’onglet “Actus” en vous abonnant à notre chaîne en cliquant ici ➡️ Lien chaîne WhatsApp TechGriot  😉

Show Comments (0) Hide Comments (0)
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire