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Commander un taxi en ligne au Cameroun : un progrès devenu source d’angoisse 🇨🇲🚕

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Ils étaient censés simplifier les déplacements urbains, réduire l’attente au bord des routes et moderniser la mobilité au Cameroun. Plus rapides, plus pratiques, parfois moins chers. Mais aujourd’hui, applications de VTC, groupes WhatsApp de taxis, contacts partagés sur Facebook ou courses négociées par message privé cristallisent une angoisse collective. Derrière cette modernisation apparente, une inquiétude grandit.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages d’agressions, d’arnaques et de disparitions présumées liées aux taxis dits « connectés » se multiplient, installant un climat de méfiance et d’alerte sécuritaire.

« On ne monte plus sereinement » 😟

La peur n’est plus diffuse : elle est verbalisée, racontée, partagée. En ligne, une dame raconte son vécu et, très vite, les commentaires affluent, dénonçant l’ampleur du phénomène. Dans les groupes Facebook, sur WhatsApp ou sous les vidéos TikTok, les récits s’accumulent.

Des courses qui changent brusquement de direction sans explication, des chauffeurs qui coupent Internet en plein trajet, des passagers encerclés par d’autres motos ou véhicules… Pour de nombreux usagers, l’expérience du taxi connecté a basculé.

« Aujourd’hui, quand je monte dans un taxi commandé en ligne, je préviens toujours quelqu’un. Je partage ma position et l’avancement de ma course, je reste en alerte. Ce n’est plus un simple déplacement, c’est une stratégie de survie », confie Nadine, cadre dans une entreprise.

Alain, étudiant, évoque quant à lui une peur permanente nourrie par ses propres expériences et celles de son entourage. Il évite désormais les courses nocturnes et préfère parfois passer la nuit sur place lorsqu’il se fait tard.

« Tu regardes le chauffeur, tu regardes la route, tu regardes ton téléphone. Tu n’es jamais détendu. On a transformé le transport en source de stress », explique-t-il.

Des récits d’agressions qui se ressemblent ⚠️

Ce qui frappe dans les témoignages qui inondent la toile, c’est leur similitude. Même scénario, mêmes zones, mêmes méthodes. Plusieurs usagers racontent avoir été dépouillés après avoir accepté une course via les réseaux sociaux. D’autres évoquent des tentatives d’enlèvement, des menaces à peine voilées ou des regards insistants qui mettent mal à l’aise.

« Le chauffeur savait déjà où j’habitais parce que, lorsqu’il t’appelle, tu lui dis où tu es et où tu vas. Il faut vraiment tirer la sonnette d’alarme », écrit une internaute.

L’un d’entre eux a failli mettre main sur moi. J’allais à l’hôpital avec ma maman qui a fait un AVC, de ce fait est paralysée. Le chauffeur nous demande de descendre avant la destination, prétextant une autre commande. Je lui demande comment je suis supposée faire avec ma maman hémiplégique. Il me répond que ce n’est pas son affaire.

Je lui ai dit que nous ne descendrions qu’à la destination indiquée sur l’application. Le gars est descendu, a ouvert ma portière et m’a violemment sommée de sortir. Heureusement, des personnes assises à côté ont pris ma défense. », raconte Rose, sous un post Facebook.

D’autres témoignages évoquent des profils fictifs, des numéros recyclés ou des photos de chauffeurs ne correspondant pas à la personne au volant. L’absence de traçabilité réelle alimente la peur. Les captures d’écran circulent, les mises en garde se partagent à grande vitesse, parfois sans vérification, mais toujours avec la même angoisse en toile de fond.

La colère contre un système sans contrôle 🔥

Au-delà de la peur, la colère monte. Les usagers dénoncent un vide total de régulation. Aucun cadre clair, aucune plateforme réellement responsable, aucune autorité identifiable pour recevoir et traiter les plaintes. Les applications existent, les groupes se multiplient, mais personne ne semble répondre quand les choses tournent mal.

« On dénonce, on poste, on alerte, mais après ? Rien. Aucun suivi. On a l’impression que la vie des gens ne compte pas », s’indigne Rodrigue, entrepreneur.

Pour beaucoup, le problème n’est pas le numérique en soi, mais son usage anarchique. Les citoyens ont le sentiment d’être livrés à eux-mêmes dans une jungle connectée où le plus malin survit.

Un chauffeur de taxi traditionnel, rencontré dans le cadre de ce reportage, partage son inquiétude :

« Beaucoup de ces taxis connectés ne sont ni enregistrés ni identifiés. N’importe qui peut prendre une voiture et se dire chauffeur. Au final, c’est le client qui paie le prix fort, et cela décrédibilise tout le métier puisque rien n’est fait pour arrêter cela », raconte-t-il.

Une modernité qui inquiète plus qu’elle ne rassure 🚕

Le taxi connecté devait symboliser une ville plus fluide et plus intelligente. Il devient aujourd’hui le symbole inverse : celui d’un progrès mal encadré, d’un numérique qui expose au lieu de protéger, d’une société qui avance sans filet de sécurité.

Aujourd’hui, au Cameroun, commander un taxi en ligne n’est plus un geste banal. C’est une décision pesée, parfois redoutée, souvent commentée. Tant que la situation restera sans réponse claire, la peur continuera de circuler plus vite que les véhicules eux-mêmes.

Car une chose est désormais évidente : la mobilité connectée, sans règles ni responsabilité, ne rapproche pas les citoyens. Elle les isole dans la méfiance. Et lorsque se déplacer devient un acte de courage, c’est toute la promesse du progrès numérique qui vacille. À force de signaler sans être entendus, de dénoncer sans réponse, les usagers finissent par intégrer la peur comme une norme.

Vos avis comptent !!!
Avez-vous déjà vécu ou été témoin d’une situation inquiétante avec un taxi connecté au Cameroun ?

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1 Commentaires

  1. Y a pas un jour dans ce pays où on a pas peur. Le problème en réalité est que les plateformes ne prennent aucune disposition sur la situation. A croire qu’ils sont eux même complices parce qu’il faut le dire les personnes enrôlées comme chauffeurs dans leur système les engagent. On a peur partout comme ci on était seulement en Russie ou en Iran

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