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Deepfakes, comptes fake : l’Angola légifère face à la désinformation 🇦🇴⚖️

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Le 6 août 2026, l’Angola a vu entrer en vigueur une nouvelle loi qui encadre la diffusion de contenus considérés comme faux en ligne et qui étend la responsabilité aux utilisateurs comme aux plateformes numériques. Cette évolution intervient alors que les technologies de manipulation de contenus, notamment les deepfakes, compliquent davantage la distinction entre information authentique et contenu falsifié.

Des sanctions qui peuvent aller jusqu’à dix ans de prison ⚖️🔒

Cette loi angolaise contre les fausses informations sur Internet est officiellement entrée en vigueur après sa publication au Journal officiel le 4 août. Adoptée en mai 2026 par l’Assemblée nationale puis promulguée en juillet par le président João Lourenço, elle établit une responsabilité civile et pénale pour les personnes reconnues coupables d’avoir diffusé de fausses informations en ligne.

Dans le détail, la diffusion de fausses informations peut être sanctionnée par une peine d’emprisonnement allant d’un à trois ans. Lorsque le contenu incite à la haine ou porte atteinte à la réputation de personnes ou d’institutions, la peine peut atteindre trois à huit ans.

Par ailleurs, les sanctions sont encore plus lourdes lorsque la diffusion de ces contenus est considérée comme susceptible de compromettre les processus électoraux ou la sécurité de l’État. Dans ce cas, la peine peut aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement. À ces sanctions s’ajoutent des amendes pouvant atteindre 400 salaires minimaux nationaux.

Les deepfakes désormais définis par la loi 🤖🎭

L’un des principaux aspects technologiques du texte concerne la définition de plusieurs notions liées à la manipulation de l’information numérique. Pour la première fois dans l’ordre juridique angolais, la loi définit notamment les fausses informations, les deepfakes, la désinformation, les comptes inauthentiques, les contenus manipulés ainsi que les réseaux de dissémination artificielle.

Cette clarification intervient alors que les outils d’intelligence artificielle permettent désormais de produire rapidement des images, des vidéos ou des contenus audio capables d’imiter des personnes réelles. Face à cette évolution, les autorités cherchent à adapter le cadre juridique aux nouvelles formes de manipulation numérique.

La loi possède par ailleurs une portée extraterritoriale : des contenus produits à l’étranger mais destinés au public angolais peuvent également relever de son champ d’application.

Les plateformes numériques davantage responsabilisées 📱🛡️

Le nouveau dispositif ne cible cependant pas uniquement les utilisateurs. Les plateformes numériques sont elles aussi directement concernées par la réglementation. Elles doivent notamment mettre en place des mécanismes de transparence, transmettre des rapports mensuels au régulateur des télécommunications et procéder au retrait des contenus concernés. En cas de manquement, leur responsabilité peut également être engagée.

Cette disposition place donc les plateformes au cœur du dispositif de lutte contre la désinformation. Elles deviennent ainsi des acteurs importants dans l’identification, le suivi et la suppression des contenus considérés comme problématiques par les autorités.

Une tendance qui gagne plusieurs pays africains 🌍📲

L’initiative angolaise s’inscrit dans une dynamique observée sur l’ensemble du continent africain. Selon Africa Check, le nombre de lois africaines sanctionnant les « fausses informations » a presque doublé depuis 2016. Plusieurs pays, parmi lesquels l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Nigeria, le Zimbabwe et la Tanzanie, ont déjà adopté ou tenté d’adopter des textes similaires.

De leur côté, le Burkina Faso et la Guinée ont également renforcé leur cadre législatif contre la désinformation au cours des dernières années, selon AfricLaw. Cette multiplication des réglementations suscite toutefois des interrogations sur leur application et leurs conséquences pour les libertés publiques.

Avec cette nouvelle réglementation, l’Angola cherche à adapter son cadre juridique à un environnement numérique où les fausses informations, les comptes artificiels et les contenus générés ou manipulés par l’IA prennent une place croissante. L’enjeu reste de trouver un équilibre entre la protection des utilisateurs et des institutions contre la désinformation, et la préservation de la liberté d’expression en ligne.

Et vous, pensez-vous que ces sanctions sont nécessaires pour lutter contre les fausses informations en ligne, ou risquent-elles de limiter la liberté d’expression ?

Sources : Angop, RFI, Agence Ecofin

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