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Alors que le pays est déjà relié à une vingtaine de câbles sous-marins, avec cinq nouveaux systèmes actuellement en construction, une nouvelle liaison devrait prochainement compléter ce dispositif. Le projet prévoit en effet la construction d’un câble sous-marin d’environ 200 kilomètres entre Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, et Taba, sur le golfe d’Aqaba. Il est porté par Telecom Egypt et la société grecque Power Sub Link (PSL), avec l’ambition d’ajouter une liaison à forte capacité au réseau égyptien et de proposer davantage d’options d’acheminement aux opérateurs internationaux.
Un nouveau corridor numérique entre la mer Rouge et la Méditerranée 🌊🌐
Dans ce cadre, les deux partenaires susmentionnés ont signé un protocole d’accord le mercredi 2 septembre. La mise en service de l’infrastructure est annoncée pour le quatrième trimestre 2027. Avec une capacité de conception estimée à environ un pétabit par seconde, le futur câble devrait également contribuer à réduire les pertes de signal. Il devrait aussi améliorer les performances du réseau et accroître les capacités disponibles pour le transport des données, selon Telecom Egypt.
Au-delà de la simple liaison entre Charm el-Cheikh et Taba, ce projet s’intègre dans une architecture numérique plus large. En effet, le nouveau câble doit prolonger jusqu’à Taba le Red Sea Subsea Festoon Cable System de Telecom Egypt, un système déjà déployé le long de la côte égyptienne de la mer Rouge. Cette extension permettra d’assurer une continuité entre plusieurs points d’atterrissement. Parallèlement, la liaison de 200 kilomètres doit s’inscrire dans l’architecture Red2Med.
Cette dernière relie les installations de la mer Rouge au corridor terrestre ICE — une liaison qui traverse le Sinaï —, avant de rejoindre les infrastructures de Port-Saïd, sur la Méditerranée. Dès lors, les opérateurs pourront disposer de plusieurs itinéraires pour acheminer les flux de données entre les deux façades maritimes. De plus, l’arrivée du câble à Taba permettra d’étendre cette architecture jusqu’à l’extrémité orientale de la mer Rouge. Pour Telecom Egypt, il s’agit donc d’une nouvelle étape dans la mise en place d’un corridor numérique oriental reliant la mer Rouge à la Méditerranée à travers le Sinaï.
Résilience face aux incidents sous-marins 🔐🌊
Le développement de nouvelles routes numériques prend toutefois une dimension particulière dans un pays régulièrement exposé aux perturbations des infrastructures sous-marines. En février 2024, plusieurs incidents avaient notamment affecté les systèmes AAE-1, EIG et SEACOM/Tata TGN-Eurasia dans la mer Rouge. Ces câbles jouent un rôle dans les connexions entre l’Europe, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie.
Par la suite, de nouvelles perturbations ont été enregistrées en septembre 2025, après l’endommagement de plusieurs câbles. Ces incidents avaient entraîné des ralentissements dans plusieurs pays d’Asie et du Moyen-Orient. Certes, les opérateurs avaient alors réussi à réacheminer une partie du trafic à travers d’autres infrastructures. Toutefois, ces changements de routes avaient également entraîné une hausse de la latence.
Cette vulnérabilité est notamment liée à la concentration de nombreuses infrastructures sur certains passages stratégiques. Selon l’International Cable Protection Committee, environ une quinzaine de câbles sous-marins passent par le détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée méridionale de la mer Rouge. Ainsi, une perturbation sur un point aussi stratégique peut produire des effets bien au-delà du territoire directement touché.
Telecom Egypt mise sur le transit international 📡🌍
Parallèlement, Telecom Egypt cherche à accroître sa présence sur le marché international du transit de données. Dans le cadre de Capacity Europe 2026, l’opérateur a indiqué que ses infrastructures acheminent plus de 90 % du trafic international de données entre l’Europe et l’Asie, mais également entre l’Europe et l’Afrique. Sa capacité de transit annoncée dépasse désormais 330 Tb/s.
Dans cette logique, l’opérateur entend également mieux valoriser ses infrastructures auprès des acteurs internationaux. Lancée en 2023, son offre WeConnect permet aux clients de combiner des capacités issues de plusieurs systèmes sous-marins. Ils peuvent ainsi bénéficier de différents itinéraires pour assurer leurs connexions avec les marchés européens, africains, asiatiques et moyen-orientaux.
Un enjeu également économique pour l’Égypte 💰💻
Le développement des infrastructures sous-marines constitue enfin un enjeu économique important pour Telecom Egypt. Au cours de l’exercice 2025, l’opérateur a déclaré 34,5 milliards de livres égyptiennes de revenus — soit environ 680 millions de dollars — dans ses activités International Carriers et International Customers & Networks.
Il convient toutefois de préciser que ce montant ne provient pas exclusivement des activités liées aux câbles sous-marins : ces deux catégories regroupent également plusieurs services destinés aux opérateurs internationaux et aux clients de réseaux.
Ainsi, avec la future liaison entre Charm el-Cheikh et Taba, l’Égypte poursuit à la fois le renforcement de la résilience de son infrastructure numérique et la consolidation de sa position sur les principales routes internationales du trafic de données.
Reste à savoir si cette diversification suffira à absorber les tensions géopolitiques qui continuent de fragiliser la mer Rouge, l’un des passages les plus stratégiques — et les plus disputés — du trafic numérique mondial.
Et vous, pensez-vous que ce nouveau câble sous-marin permettra réellement de renforcer la résilience numérique de l’Égypte ? Dites-le-nous en commentaire.
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