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Zimbabwe : après des années d’interdiction, les cryptomonnaies sont régulées 🇿🇼💰

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Longtemps reléguées aux marges du système financier officiel, les cryptomonnaies s’apprêtent à faire leur entrée dans le paysage réglementaire zimbabwéen. Harare pose les premières pierres d’un édifice juridique destiné à reprendre la main sur un secteur qui a prospéré, jusqu’ici, loin de tout contrôle institutionnel.

L’enregistrement obligatoire, pierre angulaire de la réforme 📋

Le ministre des Finances Mthuli Ncube vient de franchir le pas. Désormais, toute structure active dans l’univers des actifs numériques — qu’elle achète, vende, transfère ou conserve des cryptomonnaies — sera tenue de s’enregistrer auprès de la Financial Intelligence Unit (FIU), bras armé de la Banque de réserve du Zimbabwe dans la lutte contre les flux financiers illicites. Cet enregistrement ne sera ni facultatif ni symbolique : il conditionnera le droit d’exercer légalement sur le territoire.

Un ticket d’entrée tarifé, des sanctions à la clé 💰

Obtenir ce droit d’opérer a un prix. Les entreprises devront s’acquitter de 500 USD (environ 282 596 FCFA) lors de leur première inscription, puis de 400 USD (environ 226 077 FCFA) à chaque renouvellement annuel. Exercer sans accréditation exposera désormais les contrevenants à des poursuites. Harare entend ainsi assainir un marché où l’informalité a longtemps fait loi, en instaurant une barrière à l’entrée claire et contraignante.

Retour sur près d’une décennie de méfiance 🔄

Pour comprendre la portée de ce virage, il faut se souvenir du chemin parcouru. En 2018, les autorités zimbabwéennes avaient choisi la voie de la restriction, coupant les ponts entre les banques et les opérateurs crypto. Résultat : les échanges ont migré vers les plateformes décentralisées et les réseaux de pair-à-pair, hors de portée des régulateurs. La nouvelle politique tourne cette page, en reconnaissant implicitement que l’interdiction n’a pas fonctionné et qu’il vaut mieux encadrer que subir.

205 milliards de dollars (115,9 mille milliards FCFA) : le poids lourd des cryptos en Afrique subsaharienne 🌍

Le timing de cette réforme n’est pas anodin. L’Afrique subsaharienne est devenue l’un des marchés cryptos les plus dynamiques de la planète. Entre juillet 2024 et juin 2025, les transactions en actifs numériques ont pesé 205 milliards USD (environ 115,9 mille milliards de FCFA) sur le continent, selon les données de Chainalysis. Ce volume est en grande partie alimenté par un besoin très concret : envoyer de l’argent à travers les frontières sans se ruiner en frais bancaires. La Banque mondiale pointe régulièrement l’Afrique subsaharienne comme la région du monde où les transferts internationaux coûtent le plus cher, avec des commissions qui dépassent couramment les 7 %, et grimpent parfois au-delà de 8 %.

La régulation, nouveau chantier continental 🗺️

Le Zimbabwe rejoint un mouvement de fond qui redessine progressivement la carte réglementaire africaine. L’Afrique du Sud a été pionnière, en confiant la supervision des prestataires crypto à sa Financial Sector Conduct Authority. Le Nigeria a opté pour une intégration graduelle via la SEC, qui délivre des agréments aux plateformes d’échange selon un calendrier échelonné. Le Kenya, lui, expérimente une gouvernance bicéphale : la Banque centrale et l’autorité des marchés financiers se partagent la supervision des Virtual Asset Service Providers. Trois approches différentes, un même constat : en Afrique, la question n’est plus de savoir si les cryptomonnaies méritent une place dans le système financier, mais comment les y intégrer sans en perdre le contrôle.

Selon vous, cette régulation va-t-elle booster la confiance ou freiner l’innovation dans le secteur ? Dites-le-nous en commentaire.


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