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Or informel au Sénégal : Dakar mise sur la biométrie pour reprendre la main ⛏️🇸🇳

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Le Sénégal accélère sa transformation numérique dans le secteur minier. Pour mieux encadrer l’orpaillage artisanal, sécuriser les travailleurs et limiter les pertes fiscales liées à l’exploitation informelle de l’or, le gouvernement mise désormais sur les technologies d’identification biométrique — un chantier qui résonne directement avec les difficultés que rencontre le Cameroun sur le même terrain. Cette ambition a été officialisée le 30 juillet 2026 à travers une convention signée entre le ministère des Mines et de la Géologie et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), qui en confie la mise en œuvre à Synapsys Conseils SA, sa filiale spécialisée. Plus qu’une simple réforme administrative, ce projet s’inscrit dans une stratégie globale de modernisation de la gouvernance minière par les outils numériques.

La biométrie au service de la gouvernance minière 🪪

Le gouvernement sénégalais prévoit de déployer un vaste système d’enrôlement numérique sur l’ensemble du territoire afin d’identifier chaque orpailleur de manière unique et infalsifiable. À terme, les exploitants artisanaux devront détenir une carte biométrique pour exercer légalement leur activité. Cette technologie doit permettre de créer une base de données centralisée, d’authentifier les acteurs du secteur et de faciliter le suivi en temps réel des activités minières sur le terrain.

Au-delà de la simple identification, la biométrie s’impose comme un véritable levier de modernisation de l’administration publique. Elle devrait contribuer à réduire les fraudes, limiter les exploitations clandestines et améliorer la traçabilité de la production aurifère. Cette digitalisation permettra également de produire des statistiques plus fiables, essentielles pour orienter les politiques publiques et renforcer la transparence du secteur.

Le numérique au service de la sécurité des orpailleurs🛡️

Le projet ne répond pas uniquement à des objectifs économiques. Les autorités entendent également renforcer la sécurité des travailleurs du secteur. Grâce à une identification fiable, les orpailleurs pourront être recensés avec précision, ce qui facilitera leur accès aux dispositifs de protection, aux programmes d’accompagnement et à un suivi renforcé en cas d’accident ou de catastrophe sur les sites d’exploitation.

Cette modernisation numérique pourrait également simplifier les démarches administratives des exploitants, tout en fluidifiant les échanges entre autorités, collectivités locales et acteurs du secteur minier.

Des données pour limiter l’hémorragie financière 📊

L’un des principaux objectifs de cette réforme technologique consiste à mieux capter les revenus générés par l’exploitation artisanale de l’or. Selon les autorités sénégalaises, la production informelle atteindrait plus de 40 tonnes d’or par an dans la région de Kédougou, au sud-est du pays. Cette production représenterait environ 349,6 milliards de FCFA échappant en grande partie aux circuits officiels, privant l’État d’importantes recettes fiscales.

En améliorant la traçabilité des exploitants et de leur production grâce aux outils numériques, le gouvernement espère mieux contrôler la filière, accroître les recettes publiques et lutter plus efficacement contre les activités illégales.

Parallèlement, le gouvernement sénégalais affiche l’ambition de renforcer la présence de capitaux nationaux dans le secteur minier, dans la continuité de la stratégie de souveraineté économique portée par le plan « Sénégal 2050 » — sans que les modalités précises de cette montée en puissance aient été détaillées à ce stade.

Le Cameroun, un miroir à la même hémorragie 🔍

Le Sénégal n’est pas seul face à ce problème. Le Cameroun affronte un défi comparable, avec un écart documenté encore plus vertigineux. Selon le rapport 2023 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le pays a officiellement produit 953 kilos d’or cette année-là, mais seulement 22,3 kilos ont été déclarés à l’export — alors que les Émirats arabes unis, premier importateur de l’or camerounais, ont enregistré 15,2 tonnes en provenance du Cameroun sur la même période.

Contrairement au Sénégal, le Minmidt (ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique) a pour l’instant privilégié une approche répressive — retraits de permis et fermetures de sites non conformes depuis février 2026 — sans dispositif d’identification biométrique équivalent. Le pari sénégalais pourrait ainsi devenir une référence à observer de près pour Yaoundé, confronté au même problème de traçabilité, mais avec un outil numérique encore à construire.

À travers cette initiative, le Sénégal confirme son ambition de faire de la transformation numérique un véritable levier de gouvernance économique. Si le système est déployé efficacement, il pourrait devenir une référence pour d’autres pays africains confrontés aux mêmes défis de formalisation de l’orpaillage artisanal — le Cameroun au premier chef.

Pensez-vous que la biométrie puisse réellement mettre fin à l’orpaillage informel en Afrique, ou les exploitants trouveront-ils de nouveaux moyens de contourner le système ? Et le Cameroun devrait-il s’inspirer du modèle sénégalais ? Dites-le-nous en commentaires.


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