Burkina Faso : un centre national pour surveiller et sécuriser les infrastructures numériques 🇧🇫🛡️
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Le Burkina Faso a lancé la construction d’un Centre de supervision des infrastructures numériques le 19 janvier 2025. Il s’agit d’un projet stratégique destiné à renforcer la sécurité, la résilience et la souveraineté de ses systèmes digitaux. Cette initiative s’inscrit dans un vaste programme de modernisation des réseaux et de réduction de la dépendance technologique.
Un outil central pour piloter le numérique national 🖥️
Les autorités burkinabè ont officiellement lancé les travaux de construction d’un Centre de supervision des infrastructures numériques. Le projet représente un investissement estimé à 3,05 milliards de francs CFA, soit environ 5,4 millions de dollars. La mise en service du centre est prévue pour octobre 2026, après plusieurs phases de travaux.
Installé dans un bâtiment de type R+5, ce centre a vocation à devenir le cœur névralgique du dispositif numérique national. Il permettra une supervision centralisée du backbone national, le suivi en temps réel des infrastructures critiques, ainsi que la gestion des datacenters publics. L’objectif affiché est de mieux anticiper les pannes, de renforcer la continuité de service et d’améliorer la capacité de réaction face aux incidents techniques ou cybernétiques.
Selon le ministère de la Transition digitale, ce centre doit offrir à l’État un outil de pilotage moderne, sécurisé et souverain. Il vise également à réduire la fragmentation actuelle des systèmes de surveillance et à instaurer une gouvernance plus cohérente des infrastructures numériques stratégiques.
Une accélération visible des investissements numériques🚀
La construction de ce centre s’inscrit dans un contexte d’intensification des investissements publics dans le numérique. Pour l’année 2026, le Burkina Faso prévoit notamment le déploiement de 270 kilomètres supplémentaires de fibre optique, la poursuite de la couverture de 750 zones blanches et l’opérationnalisation de mini-datacenters sur l’ensemble du territoire.
Cette dynamique s’est déjà traduite par le lancement, en octobre 2025, de l’Observatoire de l’aménagement numérique. Cette plateforme a pour mission de collecter et d’analyser les données liées aux infrastructures numériques afin d’aider l’État à mieux planifier ses investissements et à corriger les déséquilibres territoriaux.
Ces projets s’inscrivent dans les douze chantiers majeurs de la transformation digitale du pays. Parmi les principes structurants figure l’objectif de ne laisser aucune infrastructure critique sans protection. Les autorités misent également sur le développement de solutions d’hébergement locales afin de limiter la dépendance aux services étrangers et de conserver les données sensibles sur le territoire national.
Des ambitions élevées pour la souveraineté numérique 🌍
Au-delà des infrastructures, le gouvernement burkinabè affiche des ambitions claires en matière de souveraineté numérique. La stratégie nationale prévoit le développement de centres de données locaux, la mise en place d’un cloud souverain et l’interconnexion progressive de tous les bâtiments de l’administration publique.
Lors de la Semaine numérique du Burkina Faso, organisée en novembre 2025, plusieurs responsables ont détaillé une feuille de route orientée vers des usages avancés du numérique. Celle-ci inclut la création d’un data center national de niveau Tier III, le déploiement de la 5G, l’utilisation de solutions satellitaires pour les zones rurales et le recours à l’énergie solaire afin de sécuriser l’alimentation des infrastructures.
Les autorités encouragent également des modèles hybrides combinant cloud public et cloud privé. Cette approche vise à offrir au secteur privé des capacités d’hébergement fiables tout en stimulant l’écosystème numérique local, notamment pour les entreprises technologiques et les projets liés à l’intelligence artificielle.
Un retard structurel à combler ⚠️
Malgré ces initiatives, le Burkina Faso reste confronté à des défis importants. Les indicateurs internationaux montrent que le pays part d’un niveau relativement bas en matière de développement numérique. En 2024, il occupait le 175ᵉ rang sur 193 à l’indice de développement de l’e-gouvernement des Nations unies, avec un score nettement inférieur aux moyennes africaine et mondiale.
Les chiffres nationaux illustrent également ces limites. En août 2024, la couverture de la téléphonie mobile atteignait 85 %, mais l’accès à Internet restait plus restreint, avec 64 % pour la 3G et seulement 46 % pour la 4G. Selon l’Union internationale des télécommunications, le taux de pénétration d’Internet ne dépassait pas 17 % en 2023.
Sur le plan de la cybersécurité, le pays se situe dans une position intermédiaire à l’échelle mondiale. S’il dispose d’un cadre législatif et organisationnel relativement solide, il accuse encore un retard sur les aspects techniques et le développement des compétences. Le futur Centre de supervision pourrait ainsi jouer un rôle clé pour combler ces lacunes et renforcer durablement la confiance dans l’écosystème numérique burkinabè.
👉🏾 Ce centre de supervision peut-il réellement renforcer la souveraineté numérique du Burkina Faso ?
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