
Colossus : quand le supercalculateur d’Elon Musk étouffe tout un quartier de Memphis 🏭
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Il y a des histoires qui révèlent les fractures de notre époque mieux qu’un long discours. Celle de Memphis, Tennessee, en fait partie. Dans cette ville du sud des États-Unis, un quartier populaire voit depuis plusieurs mois sa qualité de vie se dégrader dangereusement. Le coupable ? Un géant d’acier et de silicium baptisé Colossus, le supercalculateur le plus puissant du monde, propriété de xAI, l’entreprise d’intelligence artificielle d’Elon Musk. Les habitants décrivent des odeurs nauséabondes, des difficultés respiratoires accrues et une atmosphère devenue irrespirable. Bienvenue dans les coulisses de la révolution de l’intelligence artificielle.
Colossus, le titan qui dévore tout 🔥
Pour comprendre ce qui se joue à Memphis, il faut prendre la mesure du monstre. Colossus a été construit en seulement 122 jours, là où les projets similaires nécessitent habituellement plusieurs années. Installé sur le site d’une ancienne usine Electrolux dans le sud de Memphis, il héberge aujourd’hui près de 200 000 processeurs graphiques Nvidia, avec l’objectif d’atteindre le million d’unités. Sa mission : entraîner Grok, le chatbot d’xAI censé concurrencer ChatGPT.
Mais cette puissance de calcul a un prix colossal. Le réseau électrique local ne pouvait fournir que 8 MW, bien insuffisants pour alimenter l’appétit de la bête. Pour contourner ce problème, xAI a installé des turbines à gaz directement sur le site. Selon le Southern Environmental Law Center, ce sont 35 turbines fonctionnant au méthane qui tournent sans relâche, alors que l’entreprise n’avait obtenu de permis que pour 15 d’entre elles.
Un quartier sacrifié sur l’autel du progrès 💔
Ce qui rend cette situation particulièrement révoltante, c’est le contexte local. Dans un rayon de deux à trois kilomètres, plusieurs zones résidentielles sont déjà exposées à une forte pollution industrielle. La population, majoritairement afro-américaine et défavorisée, paie depuis des décennies le tribut de l’industrie lourde. Un rapport de ProPublica signale que le taux de cancer dans cette région est quatre fois supérieur à la moyenne nationale, avec des problèmes respiratoires chroniques et une espérance de vie réduite.
La NAACP et le Southern Environmental Law Center ont décidé de poursuivre xAI en justice, accusant l’entreprise de violer la loi fédérale sur la qualité de l’air. Les turbines émettent du dioxyde de carbone, des oxydes d’azote et du formaldéhyde, aggravant une situation sanitaire déjà critique. KeShaun Pearson, responsable de l’association Memphis Community Against Pollution, résume le sentiment général : les habitants ont l’impression qu’on sacrifie leurs poumons pour les profits des milliardaires.
L’IA, nouveau gouffre énergétique mondial ⚡
Le cas de Memphis n’est malheureusement pas isolé. À l’échelle mondiale, les datacenters représentent 2% de l’électricité mondiale et 46% de l’empreinte carbone numérique, soit l’équivalent des émissions du secteur aérien civil. Ils génèrent environ 171 millions de tonnes de CO2 par an, autant qu’un pays comme les Pays-Bas.
Et l’appétit de l’IA ne fait que croître. Une étude américaine estime que l’intelligence artificielle pourrait être responsable de 600 000 nouveaux cas d’asthme et 1 300 décès prématurés aux États-Unis. Une analyse de Bloomberg révèle que les zones proches des datacenters ont vu leurs factures d’électricité augmenter jusqu’à 267% en cinq ans. Autrement dit, c’est toute la population qui finance indirectement cette course à la puissance.
Des datacenters dans l’espace : science-fiction ou solution ? 🚀
Face à ces défis, certains géants de la tech proposent une solution qui semble tout droit sortie d’un film : envoyer les datacenters en orbite. Sam Altman, patron d’OpenAI, a engagé des discussions pour acquérir Stoke Space, un constructeur de fusées réutilisables, dans l’optique de déployer des centres de calcul dans l’espace. L’idée séduit également Jeff Bezos et, ironiquement, Elon Musk lui-même via SpaceX.
Les arguments avancés sont séduisants : en orbite, les panneaux solaires fournissent une énergie stable et continue, sans les contraintes terrestres. Le froid spatial permet un refroidissement naturel des serveurs, et l’on s’affranchit des problèmes d’artificialisation des sols. Certains experts prédisent même que dans dix ans, tous les nouveaux datacenters d’IA seront en orbite.
Mais ne nous emballons pas. Envoyer du matériel en orbite coûte extrêmement cher et génère une pollution considérable. Les défis techniques restent immenses : protection contre les radiations, maintenance à distance, limitations de bande passante vers la Terre. Pour l’heure, ces projets relèvent davantage du pari technologique que de la solution concrète.
L’urgence d’un numérique responsable 🌍
En attendant que l’espace nous sauve peut-être, des solutions plus terre à terre existent. En Europe, une directive oblige désormais les datacenters les plus énergivores à valoriser la chaleur qu’ils produisent pour chauffer des bâtiments. En France, la loi impose aux centres de plus de 1 000 m² une baisse de 40% de leur consommation électrique d’ici 2030. Le recours aux énergies renouvelables, l’optimisation des systèmes de refroidissement et la virtualisation des serveurs offrent des pistes concrètes.
Mais au fond, la question est plus profonde. Avons-nous vraiment besoin de cette course effrénée à la puissance de calcul ? Chaque requête à un chatbot, chaque image générée par IA a un coût environnemental réel. Une requête moyenne à ChatGPT consomme 0,34 wattheure et 0,32 ml d’eau. Multiplié par des milliards d’utilisateurs, l’addition devient vertigineuse.
Le progrès à quel prix ? 💡
L’histoire de Colossus nous confronte à un paradoxe fondamental de notre époque. Nous célébrons l’intelligence artificielle comme une révolution capable de transformer nos vies, de soigner des maladies, d’optimiser nos sociétés. Mais cette révolution se construit parfois au détriment des plus vulnérables, dans des quartiers où la justice environnementale n’est qu’un concept abstrait.
Le véritable défi n’est pas seulement technique. Il est éthique et politique. Qui décide où s’installent ces infrastructures ? Qui en paie le prix ? Qui en récolte les bénéfices ? À Memphis comme ailleurs, ces questions méritent des réponses qui ne soient pas dictées uniquement par la logique du profit.
Et vous, que pensez-vous de cette situation ? L’essor de l’IA justifie-t-il de tels sacrifices environnementaux et sanitaires ? Les datacenters en orbite vous semblent-ils une solution crédible ou un mirage de plus ? Partagez votre avis en commentaire, on a hâte de vous lire ! 🗣️
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